La géopolitique et son dépassement chez Raymond Abellio

La géopolitique étudie les jeux de puissances de la politique mondiale en fonction de la géographie des états, des régimes et des mouvement sociaux et économiques.

Raymond Abellio a développé dès ses premières œuvres, notamment Assomption de l'Europe (paru en 1954, réédité en 1978), une vision de la géopolitique structurée en termes des blocs sous-continentaux que sont Occident/Orient (États-Unis/Europe/Russie) et Extrême Occident/Extrême Orient (Californie/Japon/Chine).

Cette vision s'inscrivait dans l'orientation initiale de l'existence d'Abellio, qui se heurta aux choc des événements de 1939-1945, et fut ensuite transfigurée par lui dans sa pensée et dans son œuvre, romans et essais.

L'œuvre d'Abellio considère la géopolitique dans la perspective de la nouvelle gnose

Certains pôles de cette structuration, comme la Chine, qui pouvaient être considérés d'arrière-plan à la suite de la deuxième guerre mondiale, sont maintenant dominants, d'autres, comme la Californie, ont instillé leurs caractéristiques au sein de l'ensemble auquel ils appartiennent, de telle sorte qu'ils nous apparaissent maintenant beaucoup moins individualisés dans le système mondial (sauf peut-être dans une perspective culturelle).

Pourtant, à travers les évolutions de l'histoire en presque sept décennies, la description abellienne garde aujourd'hui sa valeur prophétique, et nous incite à ré-examiner la géopolitique à travers le modèle abellien de la structure absolue.

Daniel Verney
Président d'ARARE
Paris, janvier 2023